Plan du site  
pixel
pixel

Articles - Étudiants SUPINFO

La pollution numérique

Par Solène LIMOUSIN Publié le 01/08/2017 à 20:32:03 Noter cet article:
(0 votes)
Avis favorable du comité de lecture

Le concept de pollution numérique :

La pollution numérique aussi appelée la pollution digitale, encore trop peu connue du grand public, est un phénomène pourtant bien réel aussi dévastateur que la pollution aérienne civile.

La pollution digitale ou numérique désigne la pollution engendrée par toutes les nouvelles technologies et elle se divise en deux axes : la pollution engendrée par le fonctionnement du réseau internet et celle générée par la fabrication de nos outils informatiques.

Véritable système nerveux de l’économie mondiale et système social à part entière, le web engloutit des quantités considérables d’énergie. Bien que l’on dise qu’Internet soit dématérialisé, celui-ci possède pourtant une infrastructure, elle bien réelle et matérielle, qui a un effet physique négatif sur notre planète.

En effet, tout un ensemble de câbles, antennes, data centers et beaucoup d’autres, permettent le fonctionnement d’Internet et du « cloud » qui permet le rangement, le partage, la protection de nos données.

Si Internet était un pays, ce serait la sixième nation la plus polluante du monde !

Qu’est ce qui pollue ?

Sais-tu qu’en faisant une simple recherche sur internet, tu pollues ? En appuyant simplement sur le bouton « Rechercher » de Google, nous émettons l’équivalent de 5 à 7 grammes de CO².

De même qu’en envoyant un mail avec ou sans pièce-jointe ? Envoyer un simple mail rejette 10 grammes de CO² soit l’équivalent de ce que peut absorber un arbre en une journée et plus une pièce jointe est volumineuse plus cela pollue. L’envoi d’un seul e-mail d’un mégaoctet équivaut à la consommation électrique d’un ordinateur en veille pendant plus de 8 heures !

Imaginez cela à l’échelle mondiale, chaque clic, chaque mail (courriel) envoyé, chaque recherche faite sur la toile, chaque musique, vidéo écoutée via un service de streaming ou même l’utilisation d’un objet connecté, induisent un coût non-négligeable en terme de pollution.

L’utilisation d’une heure d’Internet à l’échelle mondiale équivaut à la consommation de 4000 tonnes de pétrole soit 4000 allers-retours Paris, New-York en avion!

Les data centers :

En effet, la pollution numérique est en partie émise par plus de 4000 centres de données (aussi appelés « Data centers »), qui sont de grands entrepôts contenant un grand ensemble de serveurs extrêmement gourmands en énergie (10 fois la consommation d’un bâtiment ordinaire), souvent alimentés par des énergies dites « fossiles » et donc très polluants. Chacune des actions énoncées précédemment engendre des transferts de données depuis les data centers et consomme une certaine énergie.

Le stockage des e-mails est aussi un problème, on l’appelle la « pollution dormante ». Un message conservé dans notre boîte mail fait tourner les serveurs en permanence, cela consomme énormément d’énergie. Le « big data » comme on l’appelle fait tourner à lui seul cinq centrales nucléaires dans le monde.

Mais les data centers ne sont que la partie émergée de l’iceberg, leur empreinte environnementale sur le web ne représente que 25%.

Les fabricants d’appareils numériques:

Eh bien, oui, Internet ne fonctionne pas tout seul, il faut des ordinateurs (portables ou non), des tablettes, des téléphones et bien d’autres pour s’y connecter. Or, la fabrication de nos appareils numériques pollue elle aussi, par exemple, pour la fabrication d’un ordinateur, il faut 16 fois son poids en matériaux pour le fabriquer et ce ratio est parfois beaucoup plus important pour certains composants.

Cette fabrication intensive d’appareils numériques et « l’obsolescence programmée » entraîne une augmentation de l’épuisement des ressources, la pollution de la terre, de l’air et des eaux.

En effet, les produits informatiques cités précédemment représentent 50 % de la consommation mondiale de l’électricité dans le secteur des nouvelles technologies, 60 millions de tonnes de ces appareils sont jetées chaque année et seulement 5% de leurs composants sont réutilisés/reconditionnés !

Les logiciels et les applications :

Les logiciels et les applications polluent eux aussi via la consommation nécessaire pour les faire fonctionner.

Comment diminuer cette pollution ?

Certaines entreprises ont déjà commencé à diminuer leur empreinte carbone, en recherchant les emplacements de leurs data centers en fonction de l’accessibilité aux énergies renouvelables et en faisant en sorte que leurs infrastructures soient alimentées par celles-ci. Certaines ont comme projet de fabriquer des appareils plus responsables écologiquement parlant et mettent aussi en place un recyclage des composants numériques.

Par exemple Samsung, avec le Samung Galaxy Note 7 dont la batterie était défectueuse, a fait rapatrier plus de 2,5 millions de téléphones. Ils ont été remis en vente sous forme d’appareils reconditionnés ou de location.

Les data centers produisent énormément de chaleur dûe au stockage confiné de composants électroniques, cette chaleur peut être réutilisée pour produire de l’électricité qui servira ensuite à alimenter les data centers eux-mêmes (certains sont même auto-suffisants en électricité de cette manière), elle peut aussi servir à chauffer des établissements publics (comme la piscine de la « Butte aux Cailles » dans le 13ème arrondissement de Paris).

Même nous, particuliers, nous pouvons contribuer à diminuer la pollution numérique. l existe des solutions simples, il nous suffit parfois de quelques secondes et d’un seul clic pour diminuer les émissions de CO².

Voici quelques-unes de ces solutions :

Pour limiter l’impact des data centers :

Cleanfox est une plateforme web permettant à tous les possesseurs d’un compte Gmail de se désabonner des newsletters reçues et non lues. Comme dit précédemment, un mail sans pièce jointe rejette l’équivalent de 10 grammes de CO² dans l’air soit ce que peut emmagasiner un arbre une journée. Ce clic sera bénéfique à chacun en faisant un peu de tri dans sa boîte mail, mais aussi et surtout permettra de réduire son empreinte carbone, ce qui n’est pas rien quand nous savons que nous pouvons recevoir des centaines d’emails tous les mois.

Newmanity vise un but commun avec Cleanfox. C’est une plateforme sociale (messagerie instantanée, courriel et stockage dans le « cloud ») proposée par une startup du web, comme étant un service éthique, alternatif et surtout écologique aux géants du web tels que Gmail et Outlook. Pour cela, l’entreprise utilise des « data centers » et toute une infrastructure qui sont neutres en émissions de carbone (des « data center éco-conçus », c’est-à-dire qu’ils ont été conçus de toutes pièces pour être écologiques).

Ces deux solutions proposent de réduire, pour chacun, l’empreinte carbone de manière différente.

L’agence gouvernementale de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) recommande aussi de limiter les envois d’e-mails groupés, d’envoyer des photos en basse résolution, de ne conserver que les emails nécessaires et de vider la corbeille dès que possible.

Pour limiter notre empreinte carbone, il y a encore plus simple:

- Par exemple, si tu connais la page sur laquelle tu souhaites aller, vas-y directement (via des favoris par exemple) et non en passant par la page d’un moteur de recherche.

- Il faut donc privilégier le chemin le plus court pour éviter de créer du trafic et de faire travailler les « data centers ».

- Eviter d’ouvrir plusieurs onglets à la fois car cela est très consommateur d’énergie.

- Lutter contre les spams permet aussi de limiter l’empreinte carbone, ils représentent 9 courriels sur 10.

- Changer de moteur de recherche. D’accord, Google est simple, efficace et le plus connu, mais certains autres moteurs de recherches comme Lilo, sont plus conscients des problèmes environnementaux et reversent une partie de leurs revenus publicitaires à des projets écologiques et durables.

Pour limiter l’impact de nos appareils et nos logiciels :

D’autres solutions pour limiter la pollution numérique de nos produits numériques, logiciels et applications seraient aussi d’augmenter la durée de vie de nos appareils informatiques, de limiter les achats compulsifs lors de la sortie de nouveaux produits, mais aussi de désinstaller tous les applications et logiciels non utilisés.

Conclusion:

On estime que 2% des émissions de gaz à effet de serre (CO²) de la planète sont à imputer à l’activité numérique. C’était 1% il y a 15 ans et ce chiffre devrait doubler d’ici 2020, soit 3 à 4 % des émissions de CO² mondiales.

La source du problème de la pollution, est que contrairement à certaines pratiques qui ne sont pas non plus écologiques, nos vies privées comme publiques sont construites autour d’Internet. Chacun pollue donc un petit peu tout le temps.

On ne peut pas donc pas arrêter complètement l’utilisation d’Internet, mais nous pouvons détecter les bonnes pratiques et celles qu’il faut corriger pour limiter l’impact de notre empreinte numérique sur la planète.

Sources:

https://www.cleanfox.io/fr/page/la-pollution-digitale

https://www.franceinter.fr/societe/pollution-numerique-greenpeace-pointe-du-doigt-les-mauvais-eleves

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/la-pollution-numerique-pourrait-rapidement-depasser-celle-de-l-aeronautique-7781822692

http://www.novethic.fr/lexique/detail/pollution-numerique.html

https://www.greenpeace.fr/il-est-temps-de-renouveler-internet/

https://www.youtube.com

A propos de SUPINFO | Contacts & adresses | Enseigner à SUPINFO | Presse | Conditions d'utilisation & Copyright | Respect de la vie privée | Investir
Logo de la société Cisco, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société IBM, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Sun-Oracle, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Apple, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Sybase, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Novell, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Intel, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Accenture, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société SAP, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Prometric, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Toeic, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo du IT Academy Program par Microsoft, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management

SUPINFO International University
Ecole d'Informatique - IT School
École Supérieure d'Informatique de Paris, leader en France
La Grande Ecole de l'informatique, du numérique et du management
Fondée en 1965, reconnue par l'État. Titre Bac+5 certifié au niveau I.
SUPINFO International University is globally operated by EDUCINVEST Belgium - Avenue Louise, 534 - 1050 Brussels