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Articles - Étudiants SUPINFO

Solus, une distribtion GNU/Linux à succès

Par Antoine VETILLARD Publié le 27/09/2017 à 21:35:36 Noter cet article:
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Introduction

Ubuntu, Mint, Antergos, Manjaro, Elementary OS, ChaletOS, pour n’en citer que quelques-unes, sont toutes des distributions GNU/Linux visant le grand public grâce à leur vocation à être ce que l’on qualifie communément de « user friendly ». Il en existe aujourd’hui un grand nombre, et, selon les prédictions, les parts de marché de GNU/Linux sur les ordinateurs de bureau devraient continuer d’augmenter en 2017, ce qui va avoir pour effet direct d’accroître encore plus le développement de ces distributions. Au milieu de ce large choix disponible, j’ai choisi de vous en présenter une qui a particulièrement retenu mon attention : Solus. Après un rapide historique, vous découvrirez, dans cet article, les différents aspects de cette distribution.

Historique

Aux alentours de 2010, Ikey Doherty, développeur linux depuis quelques années, se lance dans la création d’une nouvelle distribution GNU/Linux. Pour cela, il choisit de se baser sur Debian. Ce système d’exploitation présente l’avantage d’être léger et stable, ce qui a attiré, de tout temps, de nombreux auteurs comme Ikey. Ce projet, nommé SolusOS ne durera pas très longtemps et sera vite remplacé par son successeur SolusOS 2. Celui-ci, contrairement à son précurseur, sera réalisé « from scratch », c’est-à-dire, en bon français, à partir de zéro, abandonnant donc la base de Debian. Malheureusement, n’ayant pas eu de succès et donc très peu d’utilisateurs, la distribution SolusOS 2 est rapidement abandonnée par son créateur. Loin de se décourager, celui-ci revient à la charge, quelques mois plus tard, avec Evolve OS, un dérivé amélioré de SolusOS 2. Cette version, quant à elle, évolue positivement avec un nombre d’utilisateurs croissant. Aussi, Ikey décide de changer le nom sa distribution. Après des centaines de propositions de la part de la communauté, l’équipe menant à bien le projet se décide pour le nouveau nom de « Solus Project ». Abrégeable en Solus, ce nom recouvre désormais la distribution GNU/Linux Solus ainsi que l’environnement de bureau Budgie, mais aussi d’autres projets secondaires réalisés par la même équipe. Depuis Evolve OS, Solus est toujours développée « from scratch » et n’a donc aucun lien avec une quelconque autre distribution. Pour la petite histoire, alors que, par exemple, les différentes versions de Linux Mint, utilisent des prénoms féminins terminant par la lettre A, celles de Solus ont l’originalité de toutes porter un nom de rivière irlandaise, l’Irlande étant le pays d’origine de Ikey Doherty.

La montée en nombre d’utilisateurs de la distribution lui a value la cinquième place dans la catégorie des distributions « rolling release », fin juillet 2017, tandis que, sur Reddit, forum très fréquenté du web, la communauté présente sur r/SolusProject s’élève à 2 300 membres. Par ailleurs, depuis juillet 2017, Ikey Doherty a quitté Intel, où il travaillait sur un projet intitulé ClearLinux, afin de se concentrer à plein temps à ce projet.

Présentation

Les environnements de bureau

Tout comme de nombreuses distributions GNU/Linux, Solus se décline en plusieurs éditions. Chacune d’entre elles se différencie par l’environnement de bureau préinstallé. On peut donc compter trois éditions de Solus, que je vous présente ci-dessous.

Solus Budgie

Comme Linux Mint avec Cinnamon, Solus propose une édition avec son environnement de bureau « fait maison ». Basé sur GNOME, Budgie est un environnement de bureau axé sur l’intuitivité et la facilité d’utilisation. En effet, l’interface n’est pas sans rappeler l’édition Windows 10, de Microsoft, avec son unique barre sur un bord de l’écran, ainsi que le menu de notifications et des paramètres. Cependant, en accord avec la philosophie du Free Software et du fondateur de ce projet, Ikey Doherty, Budgie est personnalisable à souhait. Ceci présente un avantage majeur par rapport au système d’exploitation propriétaire, de la firme fondée par Bill Gates. Cet environnement de bureau du Solus Project existe désormais dans sa version 10. Qui plus est, il est à noter que, depuis la version 8, considérée comme la version apportant le plus de changements, il a été repris par d’autres distributions telles que Manjaro, Ubuntu ou Gecko. C’est également depuis cette version que Budgie est devenu beaucoup plus souple car il est paramétrable et personnalisable à souhait.

Solus GNOME

Très connu des Linuxiens, l’environnement GNOME souffle ses 20 bougies cette année. C’est assurément un des environnements de bureau les plus utilisés, grâce à sa grande intuitivité mais aussi de par son ancienneté. Bénéficiant donc de ses nombreuses années d’existence et de belles finitions, GNOME est sans aucun doute un très bon choix aussi bien si vous désirez débuter avec GNU/Linux à titre personnel que pour une utilisation plus classique sur un ordinateur d’utilisateur lambda (bureautique, navigation web…). Notez qu’il a, par ailleurs, servi de base au développement de nombreux autres environnements de bureau tels que Unity, Cinnamon ou Budgie. Grâce à sa grande communauté, de nombreuses extensions ont été développées pour lui ajouter toutes sortes de petites fonctionnalités pratiques et futées, disponibles à cette adresse : https://extensions.gnome.org/

Solus MATE

Même si, dans un premier temps, son design par défaut a rebuté de nombreuses personnes, MATE est tout de même très utilisé. Ce dernier est apparu lorsque GNOME s’est orienté vers son interface actuelle, celle de GNOME 3. En effet, lorsqu’elle a été abandonnée, l’ancienne interface de GNOME 2 était encore très appréciée par certains utilisateurs. GNOME 2 a donc été récupéré par ces derniers qui ont donné naissance au projet MATE. Un des principaux avantages de nouvel environnement de bureau est la consommation de ressources, qui est légèrement plus optimisée que GNOME ou Budgie.

Parmi tous les environnements de bureau présentés ci-dessus, quel que soit celui pour lequel vous optez, les logiciels préinstallés sur Solus ne sont que des utilitaires de base. Ainsi, vous pourrez facilement retrouver, comme sur de nombreuses autres distributions, VLC en lecteur multimédia, Firefox comme navigateur, Transmission en client Bittorent ou encore LibreOffice pour la suite bureautique. Le thème d’icônes, nommé Papirus, est également équipé par défaut. Enfin, un assortiment de fonds d’écran représentant des paysages, vous est proposé dans les réglages.

Le gestionnaire de paquets

Etant réalisé à partir de zéro, le système d’exploitation Solus utilise son propre gestionnaire de paquets, eopkg. Celui-ci est facile d’utilisation, quoique assez complet. A l'origine, celui-ci est basé sur le gestionnaire de paquet présent sur la distribution Pardus : PiSi package manager. Nous allons voir comment il s’utilise à travers la liste non-exhaustive des commandes ci-dessous. Dans cette série d’exemples, nous utiliserons le paquet VLC.

Tout d’abord, voici la commande pour mettre à jour les dépôts :

$ sudo eopkg update-repo

Pour mettre à jour les paquets de votre système, saisissez :

$ sudo eopkg upgrade

Si vous ne souhaitez mettre à jour qu’un paquet, VLC dans notre exemple, il suffit de le spécifier comme suit :

$ sudo eopkg upgrade vlc

Pour rechercher un paquet ou un mot présent dans la description d’un paquet, saisissez cette commande :

$ sudo eopkg search vlc

Obtenir la description d’un paquet se fait grâce à la commande :

$ sudo eopkg info vlc

Enfin, saisissez la commande suivante pour désinstaller un logiciel :

$ sudo eopkg remove vlc

Associé à ce gestionnaire de paquet est proposé aux utilisateurs le « Software center ». Cette application permet d’installer des logiciels en interface graphique. Elle facilite ainsi l’accessibilité aux utilisateurs ne maitrisant pas suffisamment l’informatique pour saisir des lignes de commande dans un terminal.

Le nombre de paquets disponibles pour Solus peut paraître un peu restreint aujourd’hui comparé à des distributions plus bénéficiant de plus d’ancienneté. Ceci est justement dû au fait que la distribution est encore récente et que tous les logiciels n’ont pas encore pu être adaptés et ajoutés dans les dépôts. Il vous faudra patienter encore un peu si votre logiciel préféré n’est pas disponible. Vous pouvez le suggérer aux développeurs du projet ou bien aller vérifier s’il figure déjà dans le dépôt des logiciels tierces accessible à l’adresse https://solus-project.com/articles/software/third-party/en/.

Il est également possible de consulter la liste des logiciels du dépôt principal à cette adresse : https://packages.solus-project.com/.

Depuis août 2017, les développeurs ont aussi intégré un gestionnaire de paquet, nommé Snappy. Il a été mis au point par Canonical, les créateurs d’Ubuntu. Vous pouvez aller consulter la page sur le site officiel d’Ubuntu pour plus d’informations : https://www.ubuntu.com/desktop/snappy.

Les versions

Concernant les versions, Solus est, à l’heure où j’écris ces lignes, en version 3. Cette distribution adopte le mode de « rolling release », soit, en français, publication continue. Plus précisément, le « rolling release » signifie que la distribution reçoit constamment de petites mises à jour. Ainsi, loin d’être figée, la version évolue en permanence, dans le plus grand intérêt des utilisateurs.

Par contre, Solus n’utilise pas de versions Long Time Supported (LTS) comme le font, par exemple, Ubuntu ou Linux Mint. L’avantage de ces versions, qui sont dites stables, est d’être maintenues à jour pendant cinq ans. Ce n’est malheureusement pas le cas de Solus dont toutes les versions, jusqu’à ce jour, ne sont maintenues que durant deux ans.

Enfin, concernant le noyau, Solus utilise actuellement le kernel 4.12. Ceci tend à démontrer que les développeurs se focalisent plus sur les fonctionnalités récentes que sur la stabilité, comme a tendance à le faire Debian. Ce kernel est assez intéressant pour les « gamers » ayant un système d’exploitation GNU/Linux. En effet, ce noyau est désormais capable de supporter les cartes graphiques AMD, aux processeurs graphiques Vega, utilisant le AMDGPU driver. Etant le premier noyau à être doté de cette compatibilité, les fonctionnalités sont un peu restreintes. Ainsi, si vous êtes détenteur d’une carte graphique signée AMD, il faudra un peu patienter avant d’en profiter pleinement. Toujours dans le même thème, cette version 4.12 supporte également la récente série GeForce 10 de NVIDIA. Tout comme AMD, cette fonctionnalité est toute récente. C’est, cependant, un bel effort de la part des développeurs du noyau, de continuer leur avancé dans le monde du jeu. De nombreuses améliorations sur ces points-ci sont à venir. Pour rester dans le monde du multimédia, la correction de bugs, pour les pilotes audio de la génération des processeurs Intel Skylake, fait également parti de cette nouvelle version. On notera également l’ajout d’un gestionnaire de ports USB type C et quelques corrections pour les pilotes Intel graphics.

Conclusion

Après avoir eu du mal à prendre son envol, la distribution est désormais en bonne voie pour continuer à progresser dans le vaste monde de l’open source et des nombreuses distributions linux. Même si le nombre de paquets reste assez restreint, celui-ci ne pourra que s’agrandir au cours des mois avenirs. Les développeurs étant très proche de leur communauté d’utilisateurs, les problèmes et suggestions sont très souvent traités rapidement, ce qui est primordiale dans le monde de l’open source. Le design, aussi bien de la distribution que du site internet, très bien documenté, sont des atouts majeurs pour l’ouverture à tout type de public. Comme vu plus tôt dans l’article, l’environnement de bureau budgie étant déjà repris par d’autres distributions, tel que Ubuntu Budgie, celui-ci est un plus pour le développement de Solus et, étant basé sur Gnome 3, est garanti de reposer sur une base solide durant encore de nombreuses années.

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