Plan du site  
pixel
pixel

Articles - Étudiants SUPINFO

« Darknet», « Deep Web », « Darkweb » :

Par Solène LIMOUSIN Publié le 02/08/2017 à 20:52:10 Noter cet article:
(0 votes)
Avis favorable du comité de lecture

Qu’est-ce qu’un « darknet » ?

Un « darknet est un réseau « overlay » aussi dit « réseau superposé » qui utilise des protocoles spécifiques intégrant des fonctionnalités permettant à ses utilisateurs l’anonymat. Ils se distinguent des autres réseaux « peer to peer » normaux car le partage y est anonyme (les adresses IP ne sont pas partagées publiquement) et les utilisateurs peuvent communiquer librement avec peu de crainte d’interférence gouvernementale ou commerciale.

Certains de ces réseaux se limitent à l’échange de fichiers comme RetroShare, d’autres permettent la construction d’un environnement virtuel anonyme complet comme Freenet mais souvent ces réseaux sont associés avec la communication de dissidence politique et les activités illégales.

En général les « darknet » sont souvent connu pour ses applications illégales. A cause de cet anonymat quasiment total sur ces réseaux, on y retrouve souvent les célèbres supermarchés de la drogue comme « Silk road », des vendeurs d’armes, l’achat de faux papiers d’identité, la vente et l’échange d’informations confidentielles, d’articles contrefaits, des offres de services de tueurs à gage ou encore ceux de pirates informatiques. On suppose aussi qu’ils sont utilisés par certains groupes de terroristes ce qui en font des cibles prioritaires pour les services de renseignements.

Ces usages restent pourtant minoritaires au sein des « darknet », mais ces espaces sont devenus au fur et à mesure « la poubelle du Web ».

La différence entre « darknet », « deepweb » et « darkweb » :

Le terme « darknet » ne doit pas être confondu avec le « deepweb » ou avec le « darkweb », ces deux dernières sont des concepts totalement différents :

Deepweb :

Le « deepweb » autrement dit « web profond », « web caché » ou « web invisible » en français désigne une partie d’Internet accessible en ligne mais non indexée par les moteurs de recherches classiques généralistes (Google, Yahoo, …), ni avec un navigateur web traditionnel pour lesquels elles ne sont pas consultables. Ce « web profond » représente 96% de l’intégralité du web alors que le contenu accessible par tous n’en représente que 4%, ou encore on estime qu’il y a 500 fois plus de sites sur le « deepweb » que sur le web traditionnel.

Le web profond n’est donc en aucun cas, ni un « darknet », ni un réseau d’anonymisation, c’est seulement une partie du web indexable mais non indexée

Les ressources « dites profondes » le composent (contenu dynamique,contenu non lié, sans hyper lien,contenu à accès limité et contenu de script). Elles ne peuvent pas facilement être atteintes par les moteurs de recherche.

Darkweb :

Le « darkweb » est le contenu du web qui existe sur les « darknet ». Il forme une petite partie du « deep web », la partie du web qui n’est pas accessible via les moteurs de recherche et les navigateurs traditionnels.

Les « darknet » qui constituent le « darkweb » sont des petits réseaux « peer to peer » (F2F, (« friends to friends », le « peer to peer » ou P2P privé) mais aussi de grands réseaux populaires tels que Freenet, I2P et TOR.

Le « darkweb » de TOR est parfois appelé « onionland » en référence au suffixe .onion des sites de ce réseau.

L’histoire des « darknet » :

Le terme « darknet» a été inventé à l’origine dans les années 1960 pour désigner les réseaux qui étaient isolés d’Internet pour des raisons de sécurité. Ils étaient capables de recevoir des données de celui-ci mais avec des adresses IP n’apparaissant pas dans les listes de réseaux et ne répondant pas aux pings et autres requêtes envoyées. Ils étaient utilisés pour aider les dissidents politiques à communiquer entre eux sans être identifiés.

A partir des années 2010, le terme « darknet » commence à davantage sortir des milieux informatiques et à être connu du grand public car c’est un sujet très abordé dans les médias. En 2011, une quarantaine de sites, hébergeant des contenus pédophiles, cachés dans TOR (un « darknet ») sont démantelés par Anonymous, un mouvement « hack »tiviste se manifestant sur internet souvent pour défendre la liberté d’expression.

En 2013, des hackers du FBI démantèlent un forum pédopornographique après avoir infiltré TOR, médiatisant ainsi les « darknet » dans le monde entier,alors qu’ils étaient principalement utilisés par les dissidents politiques et les criminels en général. Les médias parlent aussi de « Le Darknet » en parlant de TOR alors qu’il en existe plusieurs.

Comment y accède-t-on ?

La première chose à faire pour y accéder est de télécharger et d’installer TOR, une fois cela fait, il vous faudra trouver une liste, un annuaire d’adresses auxquelles vous souhaitez accéder. Elles ne sont pas sous la forme silkroad.onion (c’est l’extension des sites présents sur TOR) mais plutôt sous celle-ci : zqktlzqktlwi4fecvo6ri.onion/wiki/index.php/Main_Page.

Quelques mises en garde :

Contrairement à ce que l’on pourrait croire l’utilisation de « darknet » tels que TOR ou autre est totalement légale, ce qui est toutefois illégal est uniquement ce que l’on y fait, comme pour les téléchargements illégaux avec les logiciels de partage « peer to peer ».

L’utilisation d’un « darknet » à des fins illégales telles que le cybercrime, l’atteinte des droits d’autres, n’apporte pas la garantie d’être hors d’atteinte et donc totalement impunissable comme a pu nous montrer l’histoire.

De multiples causes peuvent porter atteinte à la confidentialité des transmissions de données dans un « darknet » telles que des attaques comme « Man in the middle », les bugs informatiques, les erreurs d’utilisation du logiciel, une erreur de paramétrage de ce dernier, un exploit, une vulnérabilité ou même la transmission de données annexes.

Quelques exemples de logiciels « darknet » :

Il existe des dizaines de « darknet » différents, certains comme TOR rassemblent de grandes communautés, d’autres sont beaucoup plus confidentiels et moins connus du grand public.

TOR :

Développé dans les années 2000 par l’armée américaine, ce réseau rassemble plus de 2 millions d’utilisateurs chaque jour. TOR permet de surfer anonymement sur la toile mais intègre aussi un « darkweb » très actif. Comme nous avons pu le voir précédemment, c’est dans ce réseau que se trouvent les principaux marchés noirs, mais on peut aussi y trouver des sites d’expressions politiques ou même des ressources techniques.

Développeur : L’armée américaine.

Langages utilisés : C, Python et Rust.

Politique de distribution : Gratuit.

Environnement supporté : Multi-plateforme.

Langues supportées : Beaucoup de langues sont supportées, mais les majoritaires sont l’anglais, le français et le russe.

Freenet :

Sorti en mars, Freenet propose un environnement anonyme complet et intègre un mode F2F (« friends to friends » ou encore « ami à ami »). Dès sa création Freenet s’est orienté vers la liberté d’expression et d’informatique, il permet donc maintenant à chacun de lire comme de publier du contenu politique anonymement.

Développeur : Ian Clarke.

Langage utilisé : Java.

Politique de distribution : Gratuit.

Système d’exploitation supporté : Multiplateforme (Microsoft Windows, Mas Os X, GNU/Linux et Posix).

Langues supportées : Multilingue (le site est en anglais mais il n’y a pas de liste exhaustive publiée).

I2P :

Ce « darknet » se comporte plus comme un proxy. Il intègre un darkweb et permet d’échanger des fichiers, d’éditer des blogs mais aussi d’échanger des messages via une messagerie. Il permet aussi de naviguer anonymement sur le web « ouvert ».

Développeur : Développement collectif par un ensemble de personnes.

Langage utilisé : Java.

Politique de distribution : Gratuit.

Environnement supporté : Multi-plateforme.

Langues supportées : Français, anglais, espagnol et de nombreuses autres.

GNUnet :

C’est un réseau P2P (« peer to peer ») garantissant l’anonymat proposé par projet GNU, il est avant tout utilisé pour le partage de fichiers.

Développeur : Projet GNU.

Langage utilisé : C.

Politique de distribution : Gratuit.

Environnement supporté : GNU/Linux, FreeBSD, Mac OS X et Microsoft Windows.

Langues supportées : Anglais.

Zeronet :

Créé en 2015, Zeronet est une plateforme décentralisée et basé sur le P2P proposant de créer un web « ouvert » et anonyme à partir d’une technologie inspirée des Bitcoins. Les réseaux des sites sont hébergés et partagés par les pairs ce qui, en théorie, rend impossible la censure ou le blocage des contenus hébergés de cette manière.

Développeur : Inconnu.

Langage utilisé : Python.

Politique de distribution : Gratuit.

Environnement supporté : GNU/Linux, Mac OS et Microsoft Windows.

Langues supportées : Anglais, français.

RetroShare :

Créé en 2006, RetroShare, lui aussi, est un logiciel basé sur le protocole P2P permettant le partage des fichiers, l’envoi de courrier électronique sans serveur, des fonctionnalités de messageries instantanées, des salons de discussions et des forums.

Développeur : RetroShare-Team.

Langage utilisé : Qt (C++).

Politique de distribution : Gratuit.

Environnement supporté : Multi-plateforme (GNU/Linux Mac OS X, Microsoft Windows et FreeBSD).

Langues supportées : Multilingue (pas de liste exhaustive publiée).

SafetyGate Invisible :

« Darknet » légèrement particulier sachant qu’il est considéré comme une solution professionnelle commerciale. Commercialisé depuis 2011, c’est un logiciel de protection de la personne numérique et des informations stratégiques, qui est basé sur le F2F (« friends to friends » soit le P2P privé). Selon son éditeur, il permet de résoudre les failles de sécurité liées aux architectures en réseaux centralisés

Développeur : Aleph-networks.

Langage utilisé : Aucune information sur le langage utilisé.

Politique de distribution : Commerciale.

Environnement supporté : Inconnu.

Langues supportées : Français.

Conclusion :

Les restrictions d’accès nourrissent la croyance selon laquelle les « darknet » seraient forcément les repaires des activités illégales et criminelles mais ceci n’est pas forcément leur principale utilisation. Aked écrit d'ailleurs : « Les sites internet des médias, tant techniques que non techniques, font des darknet des paradis pour le partage clandestin de fichiers. Ils sont souvent nimbés d'une aura mystique ; là où tout type de contenu n'est qu'à un clic de souris. »

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Darknet

https://fr.wikipedia.org/wiki/Web_profond

https://fr.wikipedia.org/wiki/Dark_web

http://www.web-geek.fr/darknet-deep-web/

https://www.chaire-cyber.fr/IMG/pdf/4.7la_theorie_du_darknet.pdf

http://www.funinformatique.com/darknet-quest-ce-quon-y-trouve-et-comment-y-acceder/

A propos de SUPINFO | Contacts & adresses | Enseigner à SUPINFO | Presse | Conditions d'utilisation & Copyright | Respect de la vie privée | Investir
Logo de la société Cisco, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société IBM, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Sun-Oracle, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Apple, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Sybase, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Novell, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Intel, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Accenture, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société SAP, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Prometric, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo de la société Toeic, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management Logo du IT Academy Program par Microsoft, partenaire pédagogique de SUPINFO, la Grande École de l'informatique, du numérique et du management

SUPINFO International University
Ecole d'Informatique - IT School
École Supérieure d'Informatique de Paris, leader en France
La Grande Ecole de l'informatique, du numérique et du management
Fondée en 1965, reconnue par l'État. Titre Bac+5 certifié au niveau I.
SUPINFO International University is globally operated by EDUCINVEST Belgium - Avenue Louise, 534 - 1050 Brussels